historique de l'église

HISTORIQUE DE L'ÉGLISE SAINT PIERRE DE VERTUS COMMUNE DE RABASTENS (TARN)



L'église Saint-Pierre de Vertus, 81800 Rabastens



Le retable de Vertus datant

 de 1683

Dans l'Histoire Générale du Languedoc, Vertus est attesté comme "alleu" en 961.


En 1200, l'évêque d'Albi était le collateur de l'église de Vertus. En 1219, celui-ci la donna aux chanoines de Sainte-Cécile, avec le tiers des dîmes du blé et toutes celles des menus grains qu'il reprit sans doute bientôt après. Et en 1229, la possession de la dîme de l'église de Vertus suscita des controverses et nécessita une sentence arbitrale.

En 1250, il est fait mention d'un hameau et d'une église paroissiale, là où elle est aujourd'hui située "sur un méplat d'où elle domine deux ravins qui se réunissent".

En 1280, les chanoines de Saint-Salvy d'Albi eurent également des droits sur Vertus et en 1282, Hugues Bernard de Rabastens père et fils délaissèrent les dîmes qu'ils prélevaient à Saint-Pierre-de-Vertus.

En 1542, on trouve l'arrentement des fruits et revenus de la rectorerie de Vertus pour 210 livres par an et en 1637, les oeuvres de Saint Pierre, de Saint Blaise et de la Table du Purgatoire existaient dans l'église et possédaient diverses terres dans la paroisse.




Le retable de Vertus dans l'état actuel



Le 8 novembre 1683, Jacques Boucher, maître sculpteur à Rabastens, s'engagea par contrat devant notaire à réaliser le retable du maître autel. Il en fut chargé par Bertrand Barthès, curé de la paroisse et Robert Terrassié et Nicolas Roques, marguilliers.

Le sculpteur devrait employer "du bon bois de noyer" et ajuster au nouveau retable, le tabernacle ancien.

Le 21 septembre 1685, Jacques Boucher reçut devant le même notaire la dernière tranche de la somme fixée et les bailleurs se déclarèrent "pleinement contans et satisfaictz".

Dès 1900, Emile Marty attira l'attention de la municipalité sur cette œuvre d'art et émit le vœu que soit demandé son classement comme monument historique.


A partir de 1823, le registre du conseil de fabrique nous donne de nombreuses indications sur l'état de l'église de Vertus et les travaux qui y sont effectués.


En 1837, le conseil municipal vote une somme de 200 francs pour aider la fabrique de l'église à faire réparer le retable "que la vétusté dégrade".


Plan de 1845


Le 14 avril 1844, "le conseil de fabrique a donné à l’entreprise Pierre Michel maître maçon, les travaux suivants à faire à l’église et les membres du conseil se sont obligés immédiatement à prêter à la fabrique la somme qui lui manquera pour payer le dit Michel qui s’est obligé moyennant la somme de 760 Fr. à exécuter les travaux suivants :

1° abattre l’arceau de la chapelle Notre-Dame et reconstruire le mur de manière qu’il soit en droite ligne d’un bout à l’autre,

2° démolir la chapelle des fonds baptismaux, la reconstruire avec le même arceau et la même grandeur que la chapelle de Notre-Dame, plafonner à trois couches la dite chapelle, la carreler, pratiquer du côté du nord une grande ouverture et faire le couvert,

3° plafonner le dessous de la tribune

4° pratiquer un petit escalier dans l’intérieur du clocher, faire une cloison avec deux portes,

5° couper les deux piliers qui avancent dans l’intérieur de l’église

6° plafonner à trois couches le plafond de la voûte de l’église, fournir les lambourdes qui manquent, faire une corniche et l’architrave avec du retour d’espace en espace,

7° tomber à cinq pans de hauteur, tout autour de l’intérieur de l’église, les vieux mortiers et le remplacer par du nouveau...tous les ouvrages doivent être terminés pour le 1er septembre 1844".


Le porche dans l'état actuel


En 1845, le conseil de fabrique décide de faire dresser un devis par M. Hugounet architecte, pour la reconstruction des deux murs latéraux de l'église qui "ont perdu leur aplomb et qui menacent ruine" pour la construction de deux chapelles latérales, le déplacement de "la porte d'entrée au fond de l'église en face le sanctuaire...la construction d'un porche pour préserver les fidèles d'un trop grand courant d'air", la réparation de la toiture "établie sur un système vicieux puisqu'elle porte sur le milieu du plafond" et pour le remplacement "du vieux plafond en plancher pourri par un voûte en plâtre à anse de panier".

En 1856, un don de 150 francs fait à la fabrique, a permis de restaurer le retable du sanctuaire. Le conseil de fabrique décide également de faire construire à côté du porche un chambre de décharge pour y mettre les chaises et la réparation du clocher a coûté à la fabrique la somme de 624 francs 35.



Un vitrail encore en place


En 1872, une nouvelle fenêtre avec vitrail peint a coûté à la fabrique la somme de 100 francs, et la peinture des murs du sanctuaire, faite par Pédroni, la somme de 200 francs.

En 1876, une réparation importante est faite par un charpentier à la toiture de l'église.




L'autel en marbre dans l'état actuel



En 1877, la fabrique a acheté grâce à un don important, un maître autel en marbre blanc en remplacement du maître autel en bois, pour la somme de 1409 francs (1260 f + 149 f de transport), qui sera "détaché du retable pour laisser un petit passage derrière l'autel"


En 1886, le maître autel assorti au retable est vendu à une église de l'albigeois, l'église de Cadix dans la canton de Valence

En 1880, le nouveau conseil de fabrique "formule un projet de réparation important à faire à l’Eglise, considérant que le plafond très irrégulier de la nef est 1° lézardé partout et tombe en ruine, 2° plus bas que le plafond du sanctuaire d’un mètre quatre vingt et d’un style différent, propose de substituer au mauvais plafond de la nef une voûte en briques tuyautées et d’élever cette voûte au niveau de celle du sanctuaire ; pour cet effet , il sera nécessaire 1° de construire 3 arcs doubleaux, l’un au sommet, l’autre au milieu et l’autre au fond de la nef, 2° d’exhausser les murs de la nef d’environ 2 mètres et d’établir 2 contrefiches seulement à l’extérieur"....."Le dit conseil de fabrique propose également de démolir les 2 gros murs de séparation des chapelles, et de leur substituer 2 arcs doubleaux solidement construits, ce qui transformera ainsi les 4 chapelles en bas-côtés dont les plafonds également délabrés seront refaits en voûte régulière comme la nef"....

"Pour subvenir aux frais de la présente réparation, il faudra environ 4 000 F dont 2 500 à la charge de la fabrique ou de la paroisse, et le reste à la charge de la commune.

Le présent projet sera soumis au conseil municipal pour être examiné, modifié ou approuvé tel quel, après qu’un plan et devis aura été établi par un homme de l’art.

Si les fonds disponibles de la fabrique joints aux dons manuels étaient insuffisants pour parfaire les 2 500 F promis, elle y pourvoirait au moyen d’un emprunt ou par un secours demandé à l'état.



  


Plans de 1883


Les plans et devis ont été dressés par l’architecte Dutour de Toulouse et après que le projet de réparation de l’église ait été approuvé à la Préfecture et qu’un secours de 700 F ait été accordé par le conseil général, le projet sera réalisé en 1883 "à la charge de la commune comme offrant plus de sécurité et de garantie", comme il ressort de la délibération du conseil de fabrique de cette année-là.

En 1880 "le conseil a décidé de refaire la caisse de la fabrique et de construire derrière le côté Nord de l’église un cabinet public depuis longtemps réclamé et d’une utilité reconnue".

En 1893, le conseil de fabrique déclare avoir fait décorer le sanctuaire de l'église avec ses deniers pour la somme de 3000 francs.


Les informations suivantes sont extraites du registre des délibérations du conseil municipal de Rabastens


En 1929, le conseil municipal approuve une demande de réparation du toit de l'église.

En 1948, une élue demande que soit faite une réparation au presbytère et souligne que l'effort a été fait jusqu'à ce jour par les paroissiens, les dernières réparations faites par la mairie remontant à plus de 20 ans.

En 1956 "M. le maire fait part du mauvais état de l'église de Vertus qui menace ruine et rend compte de la visite de l'architecte départemental dont les conclusions de sont guère encourageantes," et qui risquent de voir les paroissiens privés de leur église.

Le 2 avril 1958, le retable, le tableau et les statues du maître-autel de l'église Saint Pierre de Vertus sont classés par les monuments historiques, selon la description qui en est faite ci-après :

Retable architecturé à trois compartiments délimités par quatre colonnes torses pamprées à chapiteaux corinthiens. Au centre : toile, dont le bord supérieur est cintré, représentant la Crucifixion. Dans les compartiments latéraux sont placées deux statues : à gauche saint Pierre et à droite saint Paul. couronnement : entablement, édicule au centre, encadré de deux volutes et à tympan décoré d'un relief de Dieu le Père, et deux frontons cintrés au-dessus des compartiments latéraux. Le retable est à dominante grise rehaussée de dorure sur les reliefs. Les statues sont dorées. Deux petits compartiment en retour sur le mur sont encadrés de pilastres cannelés aux deux tiers.

h = 550 ; statues : h = 90, parties en retour : la = 140


En 1961, quelques petites réparations sont envisagés : changement de la chaîne du clocher, fixation des vitraux....

Dans les années 1967-69, afin "d'assurer la sécurité des paroissiens", le danger semblant venir des chapelles latérales, la mairie en concertation avec quelques habitants de Vertus décide de condamner les chapelles en faisant bâtir des cloisons de séparations de façon à ne rendre accessible au public que la nef et le sanctuaire.

Par la suite, les délibérations du conseil municipal ne font état d'aucune intervention sur l'église de Vertus.

En 1971, la sanction tombe : fermeture de l'église en interdisant l'accès et la sonnerie des cloches, par arrêté municipal du 27 juin.

En 1988, un projet de restauration de l'église de Vertus est inscrit au budget pour la somme de 365 000 F. Il s'agit de refaire la charpente et la couverture de l'ensemble de l'église - choeur, nef, chapelles, porche et local chaises.

Les travaux sont réalisés en 1991 pour un montant de 106 287 F 40 comme il ressort de la facture payée à l'entreprise Bellegarde de Couffouleux. Des matériaux tels que bois de charpente, tuiles sont fournis par des paroissiens de Vertus, ainsi que de la main d'oeuvre pour déblaiement, nettoyage et autres menus travaux.


En 2004, plusieurs habitants de Vertus décident de créer une association "les Amis de Vertus" pour sauvegarder le patrimoine de leur quartier. Les bénévoles de l'association restaurent d'abord un lavoir, mais ne peuvent intervenir sur l'église en raison de l'arrêté municipal en interdisant l'accès. Après de nombreuses démarches auprès de la mairie, l'association obtient en 2009 l'autorisation de faire réaliser les premiers travaux.

Il s'agit dans un premier temps de consolider le clocher et les travaux sont confiés à l'entreprise Vertus-Habitat.

Ces travaux ont consisté essentiellement dans la mise en oeuvre de coulis de chaux pour renforcer des maçonneries anciennes, la fourniture et pose de tirants et croix et la consolidation du soubassement d'un mur de chapelle pour un montant de 2 967.63 € H.T. entièrement payé par "les Amis de Vertus", la T.V.A. ayant été payée par la mairie de Rabastens.


  

Croix posées pour consolider le clocher



Les témoins en plâtre posés après avoir effectués ces travaux, permettront d'en vérifier l'efficacité. A ce jour, aucune fissure n'a été constatée.

Le presbytère attenant à l'église, tombé dans le domaine public à la révolution, avait été racheté quelques années plus tard par des paroissiens de Vertus, qui y firent régulièrement des travaux comme en témoignent les registres du conseil de fabrique du XIXème siècle. Au XXème siècle il revint dans le domaine public et fut vendu par la mairie lorsqu'il n'y eut plus de prêtre résidant dans la paroisse. Il a été restauré et est actuellement habité.

De nombreuses démarches ont été faites par l'association pour faire établir une étude et un devis de travaux permettant de sécuriser l'ensemble de l'édifice. Une entreprise accompagnée d'un architecte se sont rendus sur les lieux pour faire les relevés . "Les Amis de Vertus" sont dans l'attente de cette étude afin de déposer un dossier permettant d'obtenir des financements. 


Cet historique a été arrêté à juin 2013.



Les "Amis de Vertus" après des mois d'attente sont maintenant en possession de cette étude qu'ils ont entièrement financée. Le Conseil général devrait cependant leur attribuer une aide.
               
Des démarches vont être faites, avec l'aide des élus locaux, afin de trouver des financements pour réaliser ces travaux, l'association ne pouvant assumer l'intégralité de la dépense



Sources :
  • Histoire générale du Languedoc
  • Délibérations du conseil de fabrique de l'église de Vertus
  • Archives municipales de Rabastens
  • Délibérations du conseil municipal de Rabastens
  • Emile Marty : cartulaires de Rabastens, archives des notaires de Rabastens, documents épars
  • Archives départementales du Tarn : minutes de Me Tisseron, fonds Ebrard